Glossar

 

FAQ

  • Généralités et bases légales
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      • Qui est la Nagra? Quel est son mandat?

        La loi sur l’énergie nucléaire arrête le principe de causalité pour l’évacuation des déchets radioactifs. La Nagra a été créée en 1972 par les producteurs de déchets radioactifs en Suisse. Elle est chargée d’élaborer des solutions pour une évacuation sûre et respectueuse de l’environnement, et de les mettre en œuvre par la suite. Les coopérateurs de la Nagra sont les exploitants des centrales nucléaires, l’entrepôt central (Zwilag) et la Confédération suisse, laquelle est responsable de l’évacuation des déchets radioactifs provenant de la médecine, de l’industrie et de la recherche.

        Le programme d’évacuation des déchets radioactifs dresse la liste des travaux requis à cet effet. Mis à jour tous les cinq ans, il a été adopté par le Conseil fédéral en août 2013.

        La Nagra est chargée de planifier, de construire et d’exploiter des dépôts en couches géologiques profondes répondant aux exigences légales. Cette tâche englobe aussi la recherche de sites d’implantation appropriés selon le plan sectoriel « Dépôts en couches géologiques profondes », sous la supervision de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). La Nagra élabore des propositions pour des sites selon le plan sectoriel. Celles-ci sont ensuite examinées par les autorités et commissions compétentes avant que le Conseil fédéral ne prenne sa décision, fondée sur une procédure d’audition à large échelle. La Nagra dépose en outre les demandes d’autorisation générale pour les dépôts en profondeur.

      • Qui assure la surveillance des travaux de la Nagra?

        Les évaluations de sites, ainsi que la construction et l’exploitation de dépôts en couches géologiques profondes qui leur feront suite, sont inspectées et contrôlées par l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). L’IFSN est un établissement fédéral de droit public (loi fédérale LIFSN du 22 juin 2007). Elle a entamé son activité le 1er janvier 2009, succédant à la Division principale de la sécurité des installations nucléaires (DSN).

        Le Conseil fédéral et les autorités de surveillance sont en outre appuyés par les instances suivantes: Groupe de travail de la Confédération pour la gestion des déchets nucléaires (AGNEB), Groupe d’experts Stockage en couches géologiques profondes (EGT), Commission de sécurité nucléaire (CSN). Ces instances conseillent le Conseil fédéral et les autorités sur les questions de sûreté.

        Sur mandat des autorités, les rapports et programmes importants sont aussi examinés par des experts étrangers, désignés par des organisations internationales, p. ex. Agence pour l’énergie nucléaire (AEN).

      • La Loi sur l’énergie nucléaire, entrée en vigueur en 2005, exige un programme de gestion des déchets radioactifs. Les travaux précédents ont-ils été menés sans programme?

        Les travaux de la Nagra se sont appuyés sur un programme de gestion à long terme des déchets radioactifs élaboré par les producteurs et actualisé périodiquement (en moyenne tous les cinq ans). La nouvelle loi sur l’énergie nucléaire (LENu), entrée en vigueur en février 2005, exige que ce programme soit en outre examiné par les autorités fédérales et approuvé par le Conseil fédéral. L’ordonnance sur l’énergie nucléaire édictée par le Conseil fédéral en complément de la LENu définit ce que doit comprendre un tel programme de gestion, à savoir:

        • la provenance, le genre et la quantité des déchets radioactifs;
        • les dépôts en couches géologiques profondes nécessaires et comment ils sont conçus;
        • l’attribution des déchets à ces dépôts;
        • le plan de réalisation de ces dépôts;
        • la durée de l’entreposage en entrepôts centralisés ou décentralisés et la capacité que doivent avoir ces entrepôts;
        • le plan financier des travaux d’évacuation jusqu’à la mise hors service des installations nucléaires;
        • le concept d’information.

        La Nagra a soumis le programme de gestion requis aux autorités fédérales en automne 2008. Le Conseil fédéral l’a approuvé en août 2013. En rapport avec cette adoption, il a formulé l’obligation pour la Nagra de remettre à l’avenir un programme de recherche, conjointement avec le programme de gestion. Ces deux documents devront en conséquence être présentés aux autorités fédérales en 2016, accompagnés de la prochaine étude sur les coûts.

      • Que définit le plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes»?

        La loi fédérale sur l’aménagement du territoire stipule à l’article 13: «Pour exercer celles de ses activités qui ont des effets sur l’organisation du territoire, la Confédération procède à des études de base; elle établit les conceptions et plans sectoriels nécessaires et les fait concorder.» L’ordonnance d’application de la nouvelle loi sur l’énergie nucléaire exige que les objectifs et les conditions du stockage des déchets dans les dépôts en couches géologiques profondes soient définis dans un plan sectoriel de la Confédération.

        L’objectif du plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes» est la sélection, selon une procédure transparente, de sites adéquats en Suisse pour réaliser de tels dépôts. Les différentes étapes de la procédure y sont arrêtées, tout comme les critères visant à garantir une démarche ouverte et transparente; le plan régit en outre la participation régionale (association de la région et de sa population). L’aspect sécuritaire est la priorité numéro un dans la procédure de sélection. Par ailleurs, des aspects socio-économiques et l’aménagement du territoire jouent également un rôle important. Le Conseil fédéral a approuvé la conception générale du plan sectoriel en avril 2008, à l’issue d’une vaste procédure de consultation.

        La procédure de sélection, qui se déroulera en trois étapes, aboutira à la désignation de deux sites, l’un pour les déchets de haute activité (DHA) et l’autre pour les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA). En option, il y a également la possibilité de réaliser un dépôt mixte pour ces deux types de déchets.

        Dans le cadre de la première étape (2008 – 2011), six domaines d’implantation possibles du point de vue de la sûreté ont été délimités pour la construction d’un dépôt en profondeur. Les sites se prêtant à l’aménagement d’un dépôt géologique pour DHA sont Zurich nord-est, Nord des Lägeren et Jura oriental. Ceux qui sont appropriés pour un dépôt pour DFMA sont Südranden (région méridionale de Schaffhouse), Zurich nord-est, Nord des Lägeren, Jura-est, pied sud du Jura et Wellenberg.

        La deuxième étape consiste à concrétiser les projets de dépôts dans les domaines d’implantation potentiels et à comparer ces différentes régions entre elles. Le critère de décision numéro un sera, là encore, la sûreté. L’objectif sera en l’occurrence de sélectionner au moins deux zones possibles pour des dépôts pour DHA et DFMA. Dans le cadre de cette deuxième étape, l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) procèdera à une étude d’impact socio-économico-écologique (EI-SEE) sur le plan supracantonal.

        La troisième étape consistera à étudier plus en détail les sites d’implantation retenus, notamment à l’aide de modèles sismiques 3D et de forages de sondage. En outre, la disposition des installations de têtes de puits sera débattue et les conséquences socio-économico-écologiques seront analysées de plus près. La Nagra opérera un choix de site provisoire en 2020 environ. Elle préparera ensuite la demande d’autorisation générale dans les deux ans et la déposera en 2022. La décision finale relèvera du Conseil fédéral et du peuple suisse. Le Conseil fédéral soumettra sa décision au Parlement autour de 2027, laquelle sera soumise au référendum facultatif.

      • Quelle est la portée d’une «démonstration de faisabilité»?

        En vertu de la loi, les producteurs de déchets radioactifs doivent fournir une démonstration de la faisabilité de l’évacuation, sûre et à long terme, de ces déchets dans des dépôts en couches géologiques profondes. Concrètement, ils doivent prouver qu’il y a en Suisse des sites appropriés pour l’aménagement de telles installations et que celles-ci peuvent être construites et exploitées conformément aux exigences de sûreté fixées par les autorités.

        La Nagra a apporté cette démonstration pour les éléments combustibles (EC) usés, les déchets de haute activité vitrifiés (DHA) et les déchets de moyenne activité à vie longue (DMAL), en prenant l’exemple des Argiles à Opalinus du Weinland zurichois; elle a soumis les rapports correspondants en 2002. En juin 2006, le Conseil fédéral a conclu que la démonstration de faisabilité exigée par la loi était faite pour les déchets en question. Cette étape ne signifie pas encore qu’un site d’implantation a été choisi; il s’agit simplement de la preuve qu’un dépôt en couches géologiques profondes est fondamentalement faisable en Suisse, comme l’exige la loi sur l’énergie nucléaire. La démonstration de faisabilité sert de base au Conseil fédéral pour fixer la suite de la procédure en vue du stockage final de ces déchets.

        Quant à la démonstration de faisabilité exigée pour les déchets de faible et de moyenne activité, le Conseil fédéral l’avait déjà jugée comme apportée en 1988.

  • Dépôt en couches géologiques profondes
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      • Qu’est-ce qu’un dépôt en couches géologiques profondes?

        La loi fédérale sur l’énergie nucléaire stipule que les déchets radioactifs doivent d’une manière générale être évacués dans des dépôts en couches géologiques profondes situés en Suisse. Un tel dépôt est une installation aménagée dans une roche appropriée à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Selon le type de déchets à accueillir, il est constitué de galeries ou de cavernes de stockage, d’un dépôt pilote destiné à la surveillance d’une partie représentative des déchets, des installations souterraines pour recherches géologiques ainsi que de diverses infrastructures et de tunnels ou de puits d’accès (ou une combinaison des deux). Durant les phases de construction et d’exploitation, il faut des installations supplémentaires en surface, par exemple pour le stockage des matériaux d’excavation et pour en assurer l’évacuation.

        Un système de barrières techniques en cascade confine les déchets. Au nombre de ces barrières de sûreté, il y a notamment un conditionnement adéquat (conteneur pour le stockage final) et le comblement des galeries. Après la phase d’exploitation, les dépôts et leurs accès doivent pouvoir être comblés et scellés. C’est alors que la protection durable de l’homme et de l’environnement sera assurée par les barrières de sûreté successives. La fermeture se fera par étapes, séparées par des phases d’observation.

      • Le plan sectoriel exige que la sûreté soit le critère numéro un pour la sélection des sites. Qu’est-ce à dire?

        La sûreté, à savoir la protection à long terme de l’homme et de l’environnement, est la priorité première lors de l’évacuation des déchets radioactifs. Concrètement, les substances radioactives doivent être confinées de manière sûre jusqu’à ce que leur radioactivité ait suffisamment baissé par désintégration. La démonstration de faisabilité pour les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) et les déchets de haute activité (DHA) a prouvé que ce confinement était possible en Suisse.

        Il est reconnu au niveau mondial que pour les déchets de forte activité et ceux de moyenne activité à vie longue, seuls les dépôts en couches géologiques profondes, dans des roches stables, peuvent garantir la sûreté à long terme. En Suisse, ce principe, inscrit dans la loi sur l’énergie nucléaire, vaut également pour les déchets faiblement et moyennement radioactifs. Lesdits dépôts sont des installations construites dans le sous-sol géologique, typiquement à quelques centaines de mètres de profondeur. Les formations rocheuses devant accueillir les déchets radioactifs (roche d’accueil) doivent être stables à long terme, protégée de l’érosion et suffisamment étendue. Pour une isolation sûre à long terme, elles doivent aussi être imperméables à l’eau.

        Après la sûreté, les critères d’ordre secondaire sont l’utilisation du territoire, l’écologie, l’économie et la politique. L’influence d’un dépôt en profondeur sur ces aspects est examinée en collaboration avec les régions concernées, dans le cadre du plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes». L’étude d’impact socio-économico-écologique (EI-SEE) supracantonale de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) est l’une de ces analyses. Par ailleurs, le comité des cantons (AdK) a demandé une étude sur les conséquences sociétales et sociales. Celle-ci doit éclairer les répercussions qu’un dépôt en profondeur pourrait avoir, en particulier sur la cohésion sociale et sur l’image de la région.

      • Que sont au juste les barrières de sûreté?

        Dans un dépôt en couches géologiques profondes, les déchets sont confinés successivement par une série de mesures techniques et structurelles (barrières de sûreté techniques) et une formation géologique imperméable (roche d’accueil, barrière naturelle).

        Les barrières de sûreté d’un dépôt en profondeur peuvent être décrites en prenant l’exemple de l’évacuation des déchets de haute activité provenant du retraitement. Ces matières radioactives sont coulées dans du verre (matrice verrière); la masse solidifiée est placée dans des coquilles en acier, qui sont soudées. Ces dernières sont à leur tour placées dans des conteneurs de stockage définitif à épaisses parois en acier, eux-mêmes placés dans des galeries creusées dans les Argiles à Opalinus. Ces galeries seront ensuite comblées avec de la bentonite, une matière argileuse naturelle. Les barrières techniques sont la matrice verrière, les conteneurs de stockage final et le comblement en bentonite. La barrière naturelle est la roche d’accueil, en l’occurrence les Argiles à Opalinus. Les barrières techniques ont pour fonction de retenir les substances radioactives assez longtemps pour que la plus grande partie se soit désintégrée. A cela s’ajoute la roche d’accueil, une barrière géologique qui retient également les substances radioactives. Avec d’autres formations géologiques, surtout celles qui sont situées au-dessus de la roche d’accueil (roches environnantes), elle protège les barrières techniques des influences extérieures (p. ex. de l’érosion) et de l’infiltration d’eau.

      • Existe-t-il déjà des dépôts en profondeur à l’étranger?

        Quelques pays exploitent déjà des dépôts en couches géologiques profondes pour les déchets faiblement et moyennement radioactifs (p. ex. Suède, Finlande). Dans d’autres pays, les déchets faiblement radioactifs sont stockés dans des dépôts définitifs à faible profondeur (p. ex. Etats-Unis, Canada, France, Grande-Bretagne).

        Par contre, il n’existe encore aucun dépôt en profondeur dans le monde pour les déchets fortement radioactifs. Ceux-ci doivent en effet se refroidir d’abord pendant quelques décennies avant que l’on puisse les évacuer dans des couches géologiques. En Finlande, des travaux pour un tel dépôt ont commencé par la construction d’un laboratoire souterrain. Le dépôt à proprement parler ne sera construit que dans quelques années. Les projets sont en partie déjà très avancés en Suède, en Finlande et en France. Aux Etats-Unis, un dépôt en couches géologiques profondes est déjà en exploitation pour des déchets «moyennement radioactifs à vie longue» de l’armée (les déchets dits transuraniens).

      • Comment s’effectue en Suisse la sélection des sites?

        La sélection d’un site pour un dépôt en profondeur s’effectue selon le plan sectoriel «Dépôts en couches géologiques profondes», conformément à la loi sur l’énergie nucléaire et à la loi sur l’aménagement du territoire. La procédure définie par la Confédération s’appuie sur une large base. Elle a pour but de sélectionner des sites pour les dépôts en profondeur en trois étapes. La sûreté est le critère le plus important, mais des aspects socio-économiques et l’aménagement du territoire jouent également un grand rôle.

        Les sites recherchés doivent satisfaire à toutes les exigences en matière de protection et permettre une réalisation raisonnable du point de vue de l’aménagement du territoire. Le plan sectoriel permet une coordination intégrale de tous les impacts des dépôts sur le territoire; il garantit aussi une participation précoce des cantons, des communes et des autorités des pays voisins, ainsi que de la population et des organisations intéressées.

      • Quels pourraient être les impacts économiques et sociaux d’un dépôt en profondeur sur une région d’implantation potentielle?

        L’aspect le plus important d’un dépôt en couches géologiques profondes est la sûreté pour l’homme et pour l’environnement, qui est prioritaire dans toutes les réflexions. Toute menace pour la santé doit être exclue. Les aspects économiques et sociaux sont aussi des facteurs importants pour une région d’implantation potentielle. Celle-ci souhaite connaître tous les effets possibles avant, pendant et après l’exploitation du dépôt.

        C’est pourquoi l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) procédera à une étude d’impact socio-économico-écologique (EI-SEE) supracantonale dans le cadre de la deuxième étape du plan sectoriel. Le but est de relever tous les aspects économiques, écologiques et sociaux pertinents pour la comparaison des sites prévue dans la deuxième étape. Le comité des cantons (AdK) de son côté procède à une étude sociétale complétant la première et portant essentiellement sur les répercussions pour l’image de la région et sur les conséquences sociales (notamment sur la cohésion sociale). Un rapport reprenant les résultats de ces deux études constituera une base primordiale pour les prises de position des cantons et des régions concernant le résultat de la deuxième étape. Il sera pris en compte par le Conseil fédéral dans son évaluation globale avant la fin de cette deuxième étape.

        Ces études permettent aux régions concernées de connaître aussi les effets négatifs d’un dépôt en profondeur et de prendre des mesures à temps pour les contrecarrer dans le cadre d’une stratégie de développement. Là où cela n’est pas possible, les données seront au moins disponibles pour déterminer d’éventuelles indemnisations.

        Un premier rapport intermédiaire relatif à l’EI-SEE montre que les changements économiques engendrés dans une région par un dépôt en profondeur sont faibles. Les conséquences aussi bien positives que négatives – considérées sur l’ensemble de la période allant de l’aménagement des installations souterraines pour recherches géologiques au scellement du site de stockage – se situent nettement en dessous de 1 % de la plus-value régionale actuelle, du taux d’occupation et des revenus fiscaux.

        Une étude menée dans le Weinland zurichois en septembre 2005 est parvenue à la conclusion que l’image de la région d’implantation pourrait subir quelque dommage s’agissant de l’écoulement de ses produits agricoles. Des sondages systématiques réalisés sur le site d’entrepôts et de dépôts en profondeur, tant en Suisse qu’à l’étranger, ne confirment toutefois pas ce résultat.

      • Peut-on récupérer des déchets radioactifs dans un dépôt en profondeur?

        La loi exige que la récupération des déchets soit possible. Si la décision est prise pendant la phase de remplissage d’un dépôt ou durant la phase d’observation consécutive, soit avant le scellement, il est possible de le faire à peu de frais. Plus tard, les frais seraient plus importants, car il faudrait rouvrir les tunnels d’accès aux galeries de stockage précédemment comblés. La récupération reste toutefois possible même dans ce cas.

        Une récupération serait pensable si des générations futures souhaitaient utiliser les déchets radioactifs comme matières premières ou choisir une autre solution pour leur évacuation.

      • Comment peut-on stocker des déchets radioactifs de manière sûre à long terme?

        Les éléments combustibles usés atteignent une radiotoxicité comparable à celle de roches naturelles à la surface de la terre au bout de 200 000 ans environ. Jusqu’à ce que ce niveau sans risque soit atteint, les déchets hautement actifs doivent être isolés de l’environnement humain et donc confinés sûrement.

        L’histoire de l’humanité nous montre que les sociétés restent rarement stables durant de très longues périodes. Il suffit de regarder l’histoire de l’Europe des cent dernières années pour s’en convaincre. L’histoire de la Terre, elle, nous apprend que les formations géologiques peuvent rester stables et conserver leurs propriétés pendant plusieurs millions d’années. Sous terre, le temps s’arrête quasiment, peu importe ce qui se passe en surface. Si, en plus, les couches rocheuses sont imperméables à l’eau, elles peuvent confiner des substances pendant des temps géologiques. Or, la durée de confinement d’environ 200 000 ans nécessaire pour les déchets hautement radioactifs est courte en comparaison des temps géologiques.

        Les dépôts en surface, dont la sûreté dépend de l’entretien et de la surveillance, ne peuvent être que des dépôts intermédiaires. La loi sur l’énergie nucléaire exige donc une évacuation dans des dépôts en couches géologiques profondes pour le long terme. L’objectif est d’assurer un confinement sûr et à long terme des déchets radioactifs, c’est-à-dire la sûreté sans intervention humaine. Il existe un consensus international pour admettre qu’un dépôt en profondeur scellé offre une sécurité optimale à long terme.

        Le confinement nécessaire des déchets radioactifs durant environ 200 000 ans peut être assuré par le stockage dans des couches géologiques à plusieurs centaines de mètres de profondeur, dans une roche d’accueil extrêmement peu perméable. Les Argiles à Opalinus, formées il y a quelque 175 millions d’années, sont une roche répondant à ces critères. Elles sont nées de la sédimentation de particules d’argile au fond de la mer. Les coquilles d’ammonites qui vivaient sur la Terre à l’époque sont restées emprisonnées dans l’argile depuis la formation de cette roche et sont conservées sous forme de fossiles. A titre de comparaison, le temps durant lequel les déchets radioactifs doivent rester isolés du monde extérieur ne représente que 1/1000 de l’âge des Argiles à Opalinus. Cette roche est très peu perméable et l’eau interstitielle ne se meut pratiquement pas. L’eau contenue dans les pores très fins de cette roche est encore celle de la mer d’il y a 175 millions d’années.

      • Comment empêcher que de futures générations ne tombent par inadvertance sur un dépôt lors de forages ou n’y pénètrent lors d’excavations?

        Un dépôt en profondeur doit être conçu de manière à garantir la sûreté à long terme de l’homme à la surface de la Terre, même si son existence devait un jour être oubliée.

        Toute une série de mesures concourent à la protection contre une pénétration involontaire dans un dépôt en profondeur. Lors de la sélection des sites d’implantation, on évite par exemple les zones pouvant abriter des matières premières (p. ex. charbon, minerais, géothermie). Qui plus est, un dépôt géologique se situe à plusieurs centaines de mètre de profondeur. Il n’est donc atteignable que pour des personnes connaissant bien les techniques de percement et de construction de galeries. Si nos lointains descendants devaient donc être en mesure de percer à plusieurs centaines de mètres de profondeur, ils devraient aussi pouvoir constater la radioactivité et prendre les mesures de protection qui s’imposent.

        La loi sur l’énergie nucléaire exige un marquage permanent des dépôts en couches géologiques profondes. La Nagra devra d’ailleurs présenter un concept pour ce marquage permanent et la conservation du savoir lorsqu’elle déposera la demande de construire pour le dépôt. Ce genre de concepts fait déjà l’objet de débats depuis longtemps dans des organes internationaux auxquels participe la Suisse. L’une des mesures pour conserver ce savoir est l’archivage à long terme des données sur le dépôt en profondeur par la Confédération.

      • Pourquoi la Suisse ne stocke-t-elle pas simplement ses déchets radioactifs dans des galeries militaires désaffectées?

        Les emplacements des galeries et des cavernes des forts de l’armée ont été choisis sur la base de critères stratégiques purement militaires. Les aspects tels que l’étanchéité de la roche ou la protection contre l’érosion à long terme n’y ont joué aucun rôle. Beaucoup de ces sites se situent à une faible profondeur, dans des roches qui s’érodent et qui sont perméables à l’eau. Ils ne sauraient donc assurer d’aucune manière un confinement sûr et à long terme de déchets radioactifs. En effet, les forts militaires ne satisfont en rien aux exigences auxquelles doivent répondre les roches d’accueil et l’emplacement d’un dépôt en couches géologiques profondes.

      • Les tremblements de terre représentent-ils un danger pour les dépôts en profondeur?

        La Nagra enregistre tous les séismes survenant dans le nord-est de la Suisse, en collaboration avec le Service sismologique suisse (SED), même les plus faibles, qui ne sont ressentis ni par l’homme ni par l’animal. Il est important de connaître la situation sismologique d’une région pour juger de la sûreté à long terme d’un éventuel dépôt en couches géologiques profondes. Les tremblements de terre sont déclenchés par des mouvements de la croûte terrestre. L’analyse des données sismiques permet de détecter les zones actives de perturbations dans le sous-sol, que l’on évitera lors du choix du site d’implantation.

        Des investigations à l’échelle mondiale sur les puits, les galeries et les cavernes situés dans des régions sismiques montrent que les dégâts aux constructions souterraines sont rares et diminuent rapidement avec la profondeur. Les dépôts en couches géologiques profondes aménagés à plusieurs centaines de mètres de profondeur et à l’écart des zones de perturbations ne sont donc pas menacés par les séismes, même de forte intensité.

  • Production et stockage intermédiaire des déchets radioactifs
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      • Où les déchets radioactifs sont-ils produits et quelles catégories existe-t-il?

        Deux tiers environ des déchets radioactifs proviennent des centrales nucléaires. Ces dernières sont en effet les principaux producteurs de ces déchets, surtout si l’on considère la radiotoxicité. Il s’agit d’abord des produits de fission dans les éléments combustibles usés, de déchets d’exploitation, auxquels s’ajouteront les débris du démantèlement. Un tiers des déchets radioactifs sont le résultat de différentes applications de la médecine, de l’industrie et de la recherche, la part de ces deux derniers secteurs l’emportant. La Nagra recense tous les déchets radioactifs dans un inventaire-type.

        Dans la perspective de leur évacuation, les déchets radioactifs sont répartis dans différentes catégories, qui sont définies comme suit à l’article 51 de l’ordonnance sur l’énergie nucléaire:

        • déchets de haute activité (DHA): solutions vitrifiées de produits de fission, issues du retraitement d’éléments combustibles usés et les éléments combustibles usés qui sont évacués directement;
        • déchets alphatoxiques (DAT): déchets dont la teneur en émetteurs alpha dépasse la valeur de 20 000 désintégrations alpha par seconde et par gramme de déchet conditionné; ces déchets proviennent essentiellement du retraitement des éléments combustibles usés;
        • déchets de faible ou de moyenne activité (DFMA): tous les autres déchets radioactifs.

      • Quelle quantité d’énergie est contenue dans l’uranium, en comparaison avec les carburants fossiles?

        L'uranium possède une grande densité d'énergie; un kilogramme d'uranium fournit la même énergie que 120 000 kilogrammes d'huile de chauffage ou 140 000 kilogrammes de charbon. Cette énergie suffirait à chauffer une maison familiale courante durant à peu près 60 ans.

      • Qu’est-ce au juste le retraitement des éléments combustibles usés?

        Les éléments combustibles se trouvant dans un réacteur nucléaire doivent être remplacés au bout de quatre à cinq ans, car leur teneur en uranium fissile y est devenue trop faible.

        Le combustible usé est composé d’environ 95 pourcent d’uranium (dont à peine 1 % d’uranium 235 fissile), de 4 % de produits de fission hautement radioactifs et 1 % de plutonium.

        Les éléments combustibles usés sont des déchets fortement radioactifs. Il existe toutefois une possibilité de recyclage, dans des installations dites de retraitement. Là, les matières fissiles (uranium, plutonium) encore contenues dans les assemblages combustibles peuvent être séparées des produits de fission qui ne sont plus utilisables. Les matières récupérées servent à fabriquer de nouveaux éléments combustibles, tandis que les déchets hautement radioactifs sont vitrifiés.

        Jusqu’en 2006, quelque 1100 tonnes d’éléments combustibles usés ont été acheminées à l’étranger (France/Angleterre) en vue de leur retraitement. Le rapatriement en Suisse des déchets séparés dans le processus est en cours et sera achevé d’ici à la fin de 2018. La loi sur l’énergie nucléaire interdit depuis juillet 2006, avec un moratoire jusqu’en 2016, l’exportation de combustibles nucléaires à des fins de retraitement.

      • Où se trouvent aujourd’hui les déchets radioactifs?

        Les éléments combustibles usés sont entreposés dans des conteneurs spéciaux, dans les centrales nucléaires et à l’entrepôt central (Zwilag). Lorsqu’ils sont retirés du réacteur, ils doivent commencer par se refroidir dans des piscines spéciales pendant cinq à dix ans. Ils sont ensuite emballés dans des conteneurs conçus pour le transport et l’entreposage provisoire, et acheminés au Zwilag à Würenlingen. Les centrales nucléaires disposent en outre de certaines capacités d’entreposage. Jusqu’à l’entrée en vigueur du moratoire de dix ans (interdiction, depuis juillet 2006, d’exporter les éléments combustibles usés pour le retraitement), une partie des assemblages usés ont été transportés à l’étranger, vers des usines de retraitement. Le rapatriement des déchets issus de ce processus est en cours et s’achèvera à la fin de 2018.

        Les déchets de faible et de moyenne activité des centrales nucléaires sont conditionnés pour le stockage final, sur place ou au Zwilag; ils sont emballés dans des conteneurs ad hoc et stockés dans les dépôts intermédiaires des centrales nucléaires ou au Zwilag. Les déchets bruts de la médecine, de l’industrie et de la recherche sont conditionnés à l’Institut Paul Scherrer et au Zwilag, sous une forme apte au stockage final. Ils sont ensuite entreposés à l’entrepôt fédéral pour déchets radioactifs (BZL) à Würenlingen.

        La Nagra gère l’inventaire centralisé de tous les déchets radioactifs. La capacité de stockage intermédiaire est suffisante pour tous les déchets issus de l’exploitation et du démantèlement des quatre centrales nucléaires suisses (cinq réacteurs au total), en attendant la construction des dépôts en couches géologiques profondes. A titre d’exemple: à fin 2013, 40 conteneurs remplis de déchets de haute activité issus du retraitement ou d’éléments combustibles usés étaient déposés au Zwilag. Cela correspond à 20 % à peine de la capacité de stockage de la halle réservée à ces conteneurs. 

      • Quelle quantité de déchets radioactifs faut-il attendre en Suisse?

        Si l’on part d’une durée d’exploitation de 50 ans, les exploitants des centrales nucléaires suisses escomptent quelque 3600 tonnes de combustible usé. Conditionnés dans des conteneurs de stockage final, ces derniers occuperaient 7325 mètres cubes, ce qui correspond à peu près au volume de sept maisons individuelles.

        Pour une durée d’exploitation des centrales de 50 ans, la Nagra table sur un total d’environ 60 000 mètres cubes de déchets faiblement et moyennement radioactifs (y compris les conteneurs de stockage en profondeur). La moitié environ de ces déchets sera due au démantèlement des centrales nucléaires. Il faut en outre compter environ 33 000 mètres cubes de déchets faiblement et moyennement radioactifs provenant de la médecine, de l’industrie et de la recherche.

        Le volume total des déchets radioactifs à évacuer sera donc d’environ 100 000 mètres cubes (y compris les conteneurs de stockage). 

      • Quel volume représentent les déchets radioactifs en comparaison des autres déchets?

        La Suisse produit environ 5000 tonnes de déchets radioactifs par an (moyenne calculée sur 50 ans), y compris leur emballage. A noter que les déchets qui proviendront plus tard du démantèlement des centrales nucléaires sont déjà inclus dans cette quantité. Les déchets radioactifs doivent être isolés de notre espace de vie pendant la durée de leur nocivité, nocivité qui diminue avec le temps en raison de la désintégration radioactive.

        A titre de comparaison, la Suisse produit quelque 2,2 millions de tonnes de déchets spéciaux par an [source: statistique des déchets spéciaux 2012 de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV)]. Il s’agit par exemple d’acides, de solutions alcalines, de solvants, d’huiles, de cendres volantes/poussières de filtres, d’accumulateurs au plomb, de boues de dépotoirs routiers, de matériaux terreux contaminés par des huiles minérales ou d’autres substances (sites contaminés). Une grande partie des déchets spéciaux peut être réduite en volume (p. ex. incinérée) ou décontaminée (p. ex. neutralisation des acides). Un peu plus d’un quart (environ 550 000 tonnes) doit être isolé pour toujours de l’environnement. Ces déchets sont éliminés dans une cinquantaine de décharges spéciales en surface situées en Suisse et dans des décharges souterraines (mines de sel désaffectées) à l’étranger.

  • Financement du stockage
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      • Qui finance l’évacuation des déchets radioactifs?

        Le financement de la gestion des déchets radioactifs et des éléments combustibles usés provenant des centrales nucléaires est réglé dans la loi sur l’énergie nucléaire. En vertu du principe de causalité, les producteurs de déchets radioactifs sont tenus d’éliminer ces déchets à leurs propres frais. Les coûts de l’évacuation déjà en cours (p. ex. retraitement, investigations de la Nagra, construction de dépôts intermédiaires) sont payés au fur et à mesure. Les montants nécessaires au démantèlement des centrales nucléaires et à l’évacuation des déchets qui s’ensuivra doivent être accumulés jusqu’au moment de la mise hors service. C’est pourquoi le prix de l’électricité d’origine nucléaire comprend aujourd’hui une réserve d’environ un centime par kilowattheure, qui alimente deux fonds contrôlés par les autorités, le fonds de désaffectation et le fonds de gestion. Cette évacuation n’est donc pas financée par les recettes fiscales. L’ordonnance de décembre 2007 sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion des déchets radioactifs pour les installations nucléaires contient les dispositions de détail.

        Ces deux fonds sont actuellement au niveau planifié: le capital accumulé se montait à 5,3 milliards de francs environ à la fin de 2013 [source: http://www.bfe.admin.ch/entsorgungsfonds/index.html?lang=fr]. Vous pouvez accéder aux données actuelles sur les deux fonds au lien susmentionné.

        Pendant la phase d’exploitation des centrales nucléaires, les coûts de gestion des déchets sont payés au fur et à mesure par les exploitants. D’ici à 2025, ces frais devraient totaliser 7,5 milliards de francs. Des études de coûts montrent que les frais à prévoir ultérieurement pour la désaffectation et l’évacuation, environ 11,4 milliards, seront couverts par les deux fonds [source: Etude de coûts 2011 de swissnuclear].

        La Confédération est responsable de la gestion des déchets radioactifs provenant de la médecine, de l’industrie et de la recherche. Elle gère à cette fin l’entrepôt fédéral pour déchets radioactifs à Würenlingen. Les producteurs de ces déchets radioactifs doivent verser une taxe au volume à la Confédération pour l’évacuation de leurs déchets. La Confédération participe aux coûts de la Nagra à hauteur de 3 pour cent.

  • Irradiation des déchets radioactifs

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      • Qu’est-ce que la radioactivité?

        La radioactivité naît de la transformation spontanée du noyau atomique, qui se sépare de certains de ses composants ou émet des rayonnements électromagnétiques. Il existe deux types principaux de désintégration, alpha et bêta. Il en résulte un rayonnement alpha, bêta et gamma. Après sa transformation, le noyau atomique peut être stable (sans radioactivité) ou continuer à se désintégrer jusqu’à ce qu’il atteigne une forme stable.

        Il existe des substances naturellement radioactives partout. A la surface de la Terre, de nouvelles substances radioactives, naturelles ou artificielles, sont produites par le rayonnement à haute énergie venant de l’espace, dans les accélérateurs de particules et dans les réacteurs nucléaires. Il existe différents types d’atomes de chaque élément chimique (isotopes); ils se distinguent uniquement par le nombre de neutrons (particules électriquement neutres) contenus dans le noyau. Beaucoup d’isotopes sont radioactifs; le césium par exemple possède 40 isotopes radioactifs et un seul isotope stable. La durée nécessaire à la désintégration de la moitié des noyaux d’un isotope radioactif est nommée demi-vie. Elle est différente pour chaque isotope, et varie de moins d’une seconde à des milliards d’années.

      • Comment se protéger du rayonnement des substances radioactives?

        On peut se protéger du rayonnement des substances radioactives en limitant le temps d’exposition, en augmentant la distance aux sources de rayonnement et en utilisant des boucliers de protection adéquats. Il est possible d’assurer une surveillance fiable de la radioactivité, car il est aisé de mesurer le rayonnement.

        Il ne faut pas ingérer des substances radioactives en quantités excessives, par l’alimentation ou la respiration, car l’effet du rayonnement est alors beaucoup plus grand qu’à l’extérieur du corps. L’absorption de substances radioactives est appelée incorporation.

        Il n’est toutefois pas possible d’empêcher totalement l’ingestion d’éléments radioactifs, car l’air que nous respirons, l’eau potable et certains aliments contiennent une certaine radioactivité naturelle.

      • Quelle quantité de rayonnement radioactif atteint la surface à partir d’un dépôt en couches géologiques profondes?

        Aucune radioactivité ne peut atteindre la surface terrestre à partir d’un dépôt en couches géologiques profondes, les rayonnements étant complètement absorbés au bout de quelques mètres de roche seulement.

        Le but d’un dépôt en profondeur est de confiner efficacement les matières radioactives afin qu’elles ne polluent pas l’espace de vie de l’homme. Les barrières de sûreté techniques empêchent ou retardent la libération ou le transport de substances radioactives vers la roche environnante. Les conteneurs de stockage prévus pour les déchets de haute activité, soudés et munis d’épaisses parois en acier, garantissent à eux seuls un confinement sûr pour au moins 10 000 ans s’ils sont placés dans un matériau argileux.

        Un dépôt en profondeur doit garantir une protection durable de l’homme et de son environnement. Le rayonnement d’un tel dépôt qui parvient jusqu’à la surface ne doit en aucun cas dépasser 0,1 millisievert par année (objectif de protection exigé par les autorités) [source: directive ENSI G03]. La Nagra a pu montrer dans des analyses de sûreté que ces objectifs de protection seront atteints grâce aux multiples barrières de sûreté prévues. Toutes les doses calculées se situaient bien en dessous de la valeur visée de 0,1 millisievert par an.

        Notre corps est exposé à des rayonnements émis par des sources aussi bien naturelles qu’artificielles et totalisant en moyenne 5,5 millisieverts par an en Suisse. La plus grande partie (environ 60 %) provient du radon et de ses produits de désintégration. Ces rayonnements sont présents dans l’air à l’intérieur des bâtiments; cette source naturelle contribue à la charge radioactive à raison de 3,2 millisieverts en moyenne par an. Il faut préciser qu’il y a des fluctuations régionales, qui dépendent du type de sol et de roches. L’exposition à des sources artificielles atteint en moyenne 1,2 millisievert par an; elle est due essentiellement à des procédures médicales. L’une des applications médicales fréquentes est l’examen et le traitement de la thyroïde à l’aide d’iode 131. Il y a également la tomographie par émission de positons (PET) utilisée dans les diagnostics du cancer. Pour cette méthode, le patient ingurgite des traceurs marqués par un atome radioactif. Dans le domaine médical, l’exposition varie aussi fortement: deux tiers de la population reçoivent une dose quasi nulle, tandis qu’une minorité (quelques pour cent) sont exposés à un rayonnement supérieur à dix millisieverts.

      • Pendant combien de temps les déchets radioactifs irradient-ils?

        Les déchets radioactifs contiennent un mélange de différentes sortes d’atomes radioactifs (radionucléides). Leur composition étant connue, il est possible de calculer la décroissance de la radioactivité dans le temps pour chaque type de déchets. Une règle s’applique à toutes les catégories: la nocivité diminue avec la désintégration radioactive, jusqu’à atteindre des valeurs de radioactivité comparables à celles des substances naturelles. Le temps nécessaire varie cependant fortement d’un type de déchets à l’autre.

        Il est permis d’affirmer que, d’une manière générale, les déchets de faible et de moyenne activité atteignent, au bout de 30 000 ans environ, une radiotoxicité (toxicité due au rayonnement) comparable à celle du granite. La radiotoxicité du combustible d’uranium usé atteint, après environ 200 000 ans, le niveau de celle du minerai d’uranium tel qu’on le trouve dans la nature [source: www.nagra.ch/fr/rayonnementetdechetsradioactifs.htm].

      • Les dépôts en couches géologiques profondes seront-ils un jour superflus grâce à la transmutation des déchets?

        La transmutation est la transformation de radionucléides par des réactions atomiques. Il s’agit d’une transformation ciblée en éléments ayant une demi-vie plus courte. Il en résulte que la radiotoxicité diminue plus rapidement. La transmutation est provoquée par le bombardement des matériaux à transformer avec des neutrons ou des protons, ce qui déclenche différents processus atomiques et modifie les noyaux des atomes touchés.

        La transmutation est régulièrement évoquée comme une possibilité de transformer des radionucléides à longue durée de vie en radioéléments à vie plus courte. Elle est possible en théorie, mais les connaissances techniques actuelles ne permettent pas encore son application en pratique. L’objectif serait de transformer à l’avenir les déchets radioactifs à vie longue en déchets à vie courte. Or, même si cette technique devenait un jour applicable à large échelle, les dépôts en couches géologiques profondes seraient néanmoins nécessaires pour le stockage final des déchets à courte durée de vie obtenus, et pour les déchets de faible et de moyenne activité non transmutables.

  • Stockage des éléments combustibles (EC) usés et des déchets de haute activité (DHA)
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      • Où sera construit le dépôt en profondeur pour les déchets fortement radioactifs?

        Du point de vue géologique, il y a en Suisse diverses roches d’accueil et diverses régions qui permettent, conjointement avec les barrières de sûreté techniques, la construction d’un dépôt sûr en couches géologiques profondes. Se fondant sur de vastes études, la Nagra a apporté la preuve (démonstration de faisabilité) à la fin de 2002 qu’un dépôt sûr en couches géologiques profondes était réalisable en Suisse pour des déchets de haute activité (DHA). En 2006, le Conseil fédéral a estimé que la démonstration de faisabilité pour les DHA était faite. Cette décision ne signifiait toutefois pas qu’un site avait été sélectionné, mais que la recherche pouvait commencer.

        Deux ans plus tard, en 2008, le Conseil fédéral mettait en vigueur le plan sectoriel « Dépôts en couches géologiques profondes ». La procédure de sélection, subdivisée en trois étapes, est placée sous la responsabilité des autorités fédérales. Elle a pour objectif de définir un site d’implantation pour un dépôt en profondeur destiné aux déchets de haute activité et un site pour un dépôt pour les déchets de faible et de moyenne activité (ou un seul site pour un dépôt mixte).

        La première étape (2008 – 2011) a consisté à définir trois domaines d’implantation possibles, qui se prêtent à la construction d’un dépôt en profondeur du point de vue de la sûreté. Ces trois domaines sont: Zurich nord-est, le Nord des Lägeren et le Jura-est. Les aspects sécuritaires pris en compte étaient notamment les suivants: stabilité géologique et tectonique à long terme, qualité de la roche d’accueil ainsi que profondeur, épaisseur et extension de la formation rocheuse. Les Argiles à Opalinus, formées il y a environ 175 millions d’années, sont la roche d’accueil la mieux appropriée pour le stockage de déchets de haute activité.

        La deuxième étape consiste à concrétiser les projets de dépôts dans les domaines d’implantation potentiels et à comparer ces différentes régions entre elles. Le critère de décision numéro un sera, là encore, la sûreté. L’objectif sera en l’occurrence de sélectionner au moins deux zones possibles pour des dépôts pour DHA.

        La troisième étape consistera à étudier plus en détail les sites d’implantation retenus, notamment à l’aide de modèles sismiques 3D et de forages de sondage. La Nagra opérera un choix de site provisoire en 2020 environ. Elle préparera ensuite la demande d’autorisation générale dans les deux ans et la déposera en 2022. La décision finale relèvera du Conseil fédéral et du peuple suisse. Le Conseil fédéral soumettra sa décision au Parlement autour de 2027, laquelle sera soumise au référendum facultatif.

      • Qu’est-ce que les Argiles à Opalinus?

        Il y a 175 millions d’années environ, la mer recouvrait de vastes régions de l’actuel continent européen. Dans l’espace Strasbourg - Stuttgart - Zurich - Berne, des particules d’argile se sont accumulées au fond de la mer; elles se sont solidifiées au cours des temps géologiques en couches argileuses, les Argiles à Opalinus, qui présentent les mêmes propriétés sur de très grandes étendues. Cette roche est très peu perméable et offre un environnement géochimique favorable à la rétention de substances radioactives et à l’efficacité durable des barrières de sûreté techniques. De plus, elle présente des propriétés mécaniques favorables à la construction d’un dépôt souterrain. 

      • Combien de place occuperait un dépôt en couches géologiques profondes pour les déchets de haute activité?

        Différents bâtiments d’exploitation se situeront en surface. Ils seront semblables à une installation industrielle ou commerciale, que l’on s’efforcera d’intégrer le mieux possible dans le paysage. Le périmètre nécessaire dans le cas du dépôt pour déchets de haute activité dépendra des conditions spécifiques du site et de la conception détaillée de ces constructions, qui sera établie ultérieurement. Les plans actuels prévoient approximativement huit hectares et une largeur d’environ 150 mètres (ordre de grandeur). De cette surface, quelque 2,5 hectares seront occupés par des bâtiments et diverses constructions [source: rapport technique de la Nagra NTB 11-01].

        Les bâtiments d’exploitation seront reliés au dépôt souterrain par un ouvrage d’accès (puits ou rampe ou une combinaison des deux). Le dépôt sera en outre dotée d’un siège d’extraction.

        Le dépôt en profondeur pour les déchets de haute activité recevra des éléments combustibles usés et des déchets de moyenne activité à vie longue. Sa partie souterraine sera composée de galeries de stockage pour les DHA, de cavernes de stockage pour les DMAL, de diverses infrastructures, des installations souterraines pour recherches géologiques et d’un « dépôt pilote ». Ce denier servira à surveiller et contrôler le comportement des déchets du dépôt sur la base d’une petite quantité de déchets hautement radioactifs. L’espace minimum requis sous terre pour un dépôt destiné aux déchets de haute activité est de quatre kilomètres carrés, avec une largeur de 1500 mètres [source: rapport technique de la Nagra NTB08-05].

  • Stockage des déchets de faible et de moyenne activité (DFMA)

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      • Où sera construit le dépôt profond pour les déchets de faible et de moyenne activité?

        Du point de vue géologique, il existe en Suisse différentes roches d’accueil et plusieurs domaines se prêtant – en combinaison avec des barrières techniques – à la construction d’un dépôt en profondeur garantissant la sûreté requise. Se fondant sur les vastes investigations menées dans le cadre du « projet Garantie 1985 », la Nagra a pu apporter la preuve (démonstration de faisabilité) en 1985 qu’un dépôt géologique était réalisable en Suisse pour stocker les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA). En 1988, le Conseil fédéral a estimé que cette démonstration de faisabilité DFMA était faite. Cette décision ne signifiait toutefois pas qu’un site avait été sélectionné, mais que la recherche pouvait commencer.

        Deux ans plus tard, en 2008, le Conseil fédéral mettait en vigueur le plan sectoriel « Dépôts en couches géologiques profondes ». La procédure de sélection, subdivisée en trois étapes, est placée sous la responsabilité des autorités fédérales. Elle a pour objectif de définir un site d’implantation pour un dépôt en profondeur destiné aux déchets de haute activité et un site pour un dépôt pour les déchets de faible et de moyenne activité (ou un seul site pour un dépôt mixte).

        La première étape (2008 – 2011) a consisté à définir six domaines d’implantation possibles, qui se prêtent à la construction d’un dépôt en profondeur du point de vue de la sûreté. Ces domaines sont: les Südranden, Zurich nord-est, le Nord des Lägeren, le Jura-est, le pied sud du Jura et le Wellenberg. Les aspects sécuritaires pris en compte étaient notamment les suivants: stabilité géologique et tectonique à long terme, qualité de la roche d’accueil ainsi que profondeur, épaisseur et extension de la formation rocheuse. Les Argiles à Opalinus, formées il y a environ 175 millions d’années, et les roches sédimentaires riches en argile (dogger brun, couches d’Effingen, formation marneuses de l’Helvétique) sont des roches d’accueil qui sont appropriées pour le stockage de déchets de faible et de moyenne activité.

        La deuxième étape consiste à concrétiser les projets de dépôts dans les domaines d’implantation potentiels et à comparer ces différentes régions entre elles. Le critère de décision numéro un sera, là encore, la sûreté. L’objectif sera en l’occurrence de sélectionner au moins deux zones possibles pour des dépôts pour DFMA.

        La troisième étape consistera à étudier plus en détail les sites d’implantation retenus, notamment à l’aide de modèles sismiques 3D et de forages de sondage. La Nagra opérera un choix de site provisoire en 2020 environ. Elle préparera ensuite la demande d’autorisation générale dans les deux ans et la déposera en 2022. La décision finale relèvera du Conseil fédéral et du peuple suisse. Le Conseil fédéral soumettra sa décision au Parlement autour de 2027, laquelle sera soumise au référendum facultatif.

      • Combien de place occuperait un dépôt en couches géologiques profondes pour les déchets de faible et de moyenne activité?

        Différents bâtiments d’exploitation se situeront en surface. Ils seront semblables à une installation industrielle ou commerciale, que l’on s’efforcera d’intégrer le mieux possible dans le paysage. En l’état actuel de la planification, le périmètre nécessaire pour les installations de surface du dépôt pour les déchets de faible et de moyenne activité est estimé à cinq hectares environ (ordre de grandeur), avec une largeur de 130 mètres [source: rapport technique de la Nagra NTB 11-01].

        Les bâtiments d’exploitation seront reliés au dépôt souterrain par un ouvrage d’accès (puits ou rampe ou une combinaison des deux). Le dépôt sera en outre dotée d’un siège d’extraction.

        Dans le dépôt en profondeur, les déchets de faible et de moyenne activité seront emballés dans des fûts de stockage final, puis placés dans des conteneurs en béton. La partie souterraine de ce dépôt sera constituée de cavernes de stockage pour les DFMA, de diverses infrastructures, des installations souterraines pour recherches géologiques et d’un « dépôt pilote ». Ce denier servira à surveiller et contrôler le comportement des déchets du dépôt sur la base d’une petite quantité de déchets représentatifs. L’espace minimum requis sous terre pour un dépôt destiné aux DFMA est de deux kilomètres carrés, avec une largeur de 1000 mètres [source: rapport technique de la Nagra NTB08-05].